A lire ou à écouter en podcast :
Une lutte pour l’égalité des chances
Malgré quelques avancées, les femmes marocaines continuent de faire face à des obstacles importants, notamment dans le monde du travail. La participation des femmes à la population active a chuté drastiquement, passant de 30 % en 2000 à seulement 19,8 % en 2024. Pendant ce temps, la participation des hommes a légèrement diminué, de 72 % à 68,3 %. Ce déclin a creusé davantage l’écart entre les sexes, qui est passé de 42 à 48,5 points de pourcentage au cours des deux dernières décennies.
Les discriminations basées sur le genre persistent, que ce soit lors des recrutements, des promotions ou dans les écarts de salaires. Ces inégalités découragent de nombreuses femmes à entrer ou à rester sur le marché du travail. De plus, l’accès limité aux postes de direction aggrave la situation et freine leur progression professionnelle.
Au Maroc, les féministes sont souvent accusées à tort de provoquer des bouleversements sociaux, tels que la désintégration des familles. Le féminisme est perçu par une partie de la société comme une menace, une idée importée de l’Occident ou encore un mouvement radical. Des termes péjoratifs comme « haineuse des hommes » ou « féministe occidentale » sont fréquemment utilisés pour discréditer celles qui militent pour l’égalité.
Ces stéréotypes alimentent une incompréhension du féminisme, qui ne cherche pas à effacer les rôles de genre, mais plutôt à offrir aux femmes les mêmes opportunités que les hommes. Cette stigmatisation freine les débats et renforce les résistances.
Cette perception négative du féminisme a des répercussions importantes sur les jeunes filles marocaines. La pression sociale les pousse à se conformer aux rôles traditionnels, limitant leurs ambitions et étouffant leur développement personnel. Par peur du jugement, beaucoup hésitent à exprimer leurs opinions ou à aspirer à des rôles de leadership.
Ce climat de stigmatisation engendre un sentiment de honte, une anxiété accrue et un manque d’estime de soi. En conséquence, de nombreuses jeunes filles peinent à se percevoir comme égales à leurs pairs masculins, perpétuant ainsi les inégalités de genre.
Malgré ces défis, le changement est possible à condition d’adopter des mesures concrètes et durables :
- Éducation : Sensibiliser les jeunes à l’égalité des genres dès l’école et dans les communautés peut transformer les mentalités traditionnelles.
- Réformes légales : Renforcer les lois existantes et améliorer leur application pour protéger les droits des femmes.
- Représentation médiatique : Donner une plateforme aux féministes dans les médias pour normaliser les discussions autour de l’égalité des genres.
- Activisme : Soutenir les mouvements de base et les organisations féminines pour promouvoir le changement.
- Autonomisation économique : Encourager l’intégration des femmes sur le marché du travail pour démontrer l’importance des opportunités égales.
Un avenir à construire ensemble
Le chemin vers l’égalité est encore long, mais il n’est pas hors de portée. Grâce à l’éducation, aux réformes, à l’activisme et à l’autonomisation des femmes, le Maroc peut espérer bâtir une société plus équitable. Cette transformation nécessite un effort collectif pour briser les barrières et permettre à chacun, hommes comme femmes, de s’épanouir pleinement.
Rédigé par Basma ELHAJAMI