Par Adnane Benchakroun
Le 9 mars serait donc, naturellement, la Journée de l’Homme. Après tout, ne méritons-nous pas, nous aussi, un moment de gloire où l’on célèbre notre courage à ouvrir des pots de confiture récalcitrants et à supporter stoïquement les soldes de nos compagnes ? Ce jour-là, nous aurions droit à des réductions sur les rasoirs, des pizzas gratuites et une dispense officielle de monter des meubles IKEA.
Le 10 mars serait la Journée des Enfants, parce qu’il faut bien leur rappeler qu’ils ne sont pas uniquement célébrés à Noël, à leur anniversaire et chaque fois qu’ils réclament une glace. Ils auraient droit à une seule règle : "Aujourd’hui, on fait tout ce que vous voulez… mais demain, on double les devoirs."
Le 11 mars, rendons hommage aux Animaux. Nos amis à poils, à plumes et à écailles, qui nous offrent tant d’amour, de compagnie et d’occasions de chercher désespérément un vétérinaire en pleine nuit. Ce jour-là, toutes les croquettes seront gratuites, et les chats auront l’obligation légale de nous laisser les caresser plus de trois secondes.
Le 12 mars, place aux Plantes Vivantes ! Oui, ces héros silencieux qui tentent de survivre dans nos salons malgré notre incapacité chronique à les arroser régulièrement. Ce serait une journée où on leur parlerait, où on éviterait de les noyer ou de les condamner à une mort lente sur un balcon en plein été.
Le 13 mars, célébrons l’Eau, cette ressource précieuse que certains confondent avec un ingrédient facultatif dans le café. Ce jour-là, chaque citoyen aura l’obligation de boire au moins un litre d’eau et de se rappeler qu’un bain n’est pas un marathon aquatique.
Le 14 mars, ce sera la Journée de la Lumière. On éteindra toutes les lampes artificielles et on redécouvrira que, finalement, la lumière naturelle, ce n’est pas si mal. Certains réaliseront avec horreur que leur teint est moins lumineux que ce que leur salle de bain leur faisait croire…
Et ainsi de suite, jusqu’au 31 mars, où nous finirons par la Journée du Silence, histoire de compenser toute cette agitation. Plus un bruit, plus un débat, plus un tweet polémique. Juste un instant où chacun réfléchira, enfin, à tout ce qu’on a célébré.
Évidemment, cette idée peut sembler exagérée. Mais après tout, si une seule journée ne suffit pas pour célébrer les femmes, pourquoi se limiter aux autres ? Alors, chères dames, si l’idée vous plaît, on fait passer une pétition ?
Question pour finir
Une dame : Bien sûr, tant que vous êtes prêts à tout entendre en retour, messieurs !