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Trump contre les Vikings


Rédigé par le Dimanche 30 Mars 2025

L’actualité internationale regorge, ces derniers temps, de nouvelles aussi curieuses les unes que les autres. Le président américain Trump s’évertue, toutefois, à se distinguer à ce sujet.



Tout le monde se rappelle de la fameuse scène à la Maison blanche, quand le président ukrainien Zelensky s’est fait vertement tancé, le 28 février, par Donald Trump et son vice-président, J.D Vance.

L’accord qui devait être signé entre les Etats-Unis et l’Ukraine concernant l’exploitation des terres rares dans le sous-sol de cette dernière a, de ce fait, capoté. Le secrétaire d’Etat américain au trésor, Scott Bessent, l’a, par la suite, « remodelé ».

Dans la nouvelle mouture, les Etats-Unis prennent le contrôle de l’ensemble des ressources minières de l’Ukraine, et pas seulement des terres rares, ainsi que des infrastructures, pour faire bonne mesure. Et ce en contrepartie des fonds et armes déjà livrées (soit déjà en partie consommées, soit détruites).

Il est si évident que le parlement ukrainien n’entérinerait jamais une telle perte de souveraineté que l’on se demande si les Américains ne l’ont pas fait exprès.

La guerre, c’est la paix !

Tout aussi déconnecté des réalités, le président français Macron a organisé une réunion, le 27 mars à Paris, des 31 pays alliés de l’Ukraine et parlé, lors de la conférence de presse qui s’en est suivi, de « forces » européennes qui seraient déployées dans ce pays ensanglanté d’Europe orientale, en cas d’accord de cessez-le-feu, au titre de « troupes de maintien de la paix ».

C’est vite oublier que l’une des raisons invoquées par la Russie pour justifier son « opération militaire spéciale » en Ukraine est justement son refus catégorique de voir des troupes de pays de l’Otan stationnées à ses frontières.

« La guerre, c’est la paix », disait l’écrivain britannique, George Orwel, dans son roman dystopique « 1984 ». 

Sans les Etats-Unis, qui versent 16% du budget de l’Otan et disposent de véritables capacités militaires pour faire face à la Russie, les pays européens, menés par les fanfarons va-t-en-guerre, le président français Macron et le premier ministre britannique, Kier Starmer, n’ont pourtant pas les moyens de leurs ambitions belliqueuses.

Le spectre décharné de Napoléon

Se prendre pour Napoléon, sans même disposer de l’équivalent de la puissante « grande armée » de l’empereur, qui s’était faite quand même tailler en pièces dans les vastes steppes de Russie, il y a seulement 213 ans, relève soit de la stupidité, soit de penchants suicidaires.

L’armée française n’est même pas parvenue à venir à bout de bandes de jihadistes en sandales au Sahel, alors, s’il s’agit d’affronter une armée russe disposant d’un large arsenal, s’appuyant sur une industrie militaire pleinement fonctionnelle, et aguerrie par trois ans de guerre… 

Sans parler de l’état lamentable dans lequel se trouve la Royal Navy, qui n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les Britanniques pourraient, cependant, cultiver la nostalgie de la désastreuse « Charge de la brigade légère », lors de la guerre de Crimée (1853-1856) contre l’Empire de Russie. 

Les pays européens ont besoin de plusieurs années pour relancer leurs industries de défense, alors que leurs économies se traînent (0,9% de croissance dans la zone euro en 2025), et pour former des soldats en nombre suffisants, sachant que les candidats au « sacrifice » pour l’Ukraine ne se bousculent pas à la porte d’entrée des casernes.

Vert comme le Groenland et le dollar

Et pendant que Macron et Starmer se demandent par quel moyen maintenir l’illusion de puissances française et britannique depuis longtemps flétries, voilà que Trump leur sort le lapin du Groenland de son chapeau magique. 

Il a déclaré, le 28 mars,  dans un entretien accordé à la chaîne d’information américaine NBC : « Nous obtiendrons le Groenland. Oui, à 100% ». Avant d’enfoncer le clou : « Je ne retire jamais l'option militaire de la table. Mais je pense qu'il y a de bonnes chances que nous puissions le faire sans force militaire ».

Son vice-président, J. D Vance, avait déjà préparé le terrain, la semaine d’avant, lors d’une visite à la base américaine située dans le Groenland. « Notre message au Danemark est très simple : vous n'avez pas fait du bon travail pour les habitants du Groenland », a déclaré Vance.

Les Américains reprochent aux Danois de ne pas bien protéger le Groenland, une grande île de 56.000 habitants tout au Nord de l'océan Atlantique, contre les soi-disant menaces que représenteraient la Russie et de la Chine. 

Un renforcement potentiel de la présence militaire américaine au Groenland viserait plutôt à mieux se positionner dans l’affrontement contre la Russie pour le contrôle de l’Arctique et par rapport aux nouvelles routes maritimes arctiques, qui constituent une aubaine pour la Russie et la Chine.

Se faire dépouiller « pour sa propre sécurité »

« Ce n'est pas ainsi que l'on s'adresse à ses proches alliés », s’est lamenté le ministre danois des affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, dont le pays est lié aux Etats-Unis par un accord de défense datant de 1951.

Mais c’est bel et bien ainsi que Trump compte s’emparer du Groenland et de ses ressources naturelles (pétrole, gaz, or, uranium et zinc), que le réchauffement climatique et la fonte des glaces rendent plus faciles à exploiter.

Avec une dette de 35.000 milliards de dollars, soit plus de 120% du Pib, une financiarisation de l’économie qui a laminé sa base industrielle et des pays qui se débarrassent progressivement de leurs avoirs en dollars, les Etats-Unis doivent trouver le moyen d’éviter la faillite. 

Ce ne sont pas les quelques économies que peut parvenir à réaliser Elon Musk, en supprimant par exemple les budgets de l’Usaid et le département de l’éducation, qui vont permettre à Trump d’y parvenir.

Ragnarök

Prochainement sur vos écrans : « Opération Ragnarök » ; le grand Manitou d’Amérique débarque en « Terre verte » guerroyer contre les Vikings et s’emparer de leurs ressources naturelles, « pour leur propre sécurité », avant de s’en aller charger au galop la police montée canadienne, dont les tuniques rouges rappellent que la guerre d’indépendance contre la couronne britannique n’a peut-être pas encore été entièrement achevée.

Au fond de la salle, Poutine de toutes les Russies et Xi de l’empire du Milieu regardent, en spectateurs enthousiastes, les Occidentaux s’étriper en mangeant du pop-corn. 

*Le Ragnarök est une prophétie de fin du monde dans la mythologie nordique 





Ahmed Naji
Journaliste par passion, donner du relief à l'information est mon chemin de croix. En savoir plus sur cet auteur
Dimanche 30 Mars 2025

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