Un déclin inquiétant dans la lutte contre la corruption
Le Maroc, autrefois salué pour ses efforts dans la lutte contre la corruption, semble aujourd’hui s’enfoncer dans une spirale inquiétante. Selon les derniers résultats de l’Indice de Perception de la Corruption (IPC) publiés par Transparency Maroc, le Royaume a enregistré un score de 37 pour l’année 2024, perdant ainsi 26 places en seulement six ans. Un chiffre qui, au-delà de sa froideur statistique, reflète une réalité alarmante.
Mais comment en est-on arrivé là ? D’un côté, il y a les promesses non tenues. Chaque année, des plans ambitieux sont annoncés pour renforcer la transparence et lutter contre les pratiques douteuses. Pourtant, dans les faits, les institutions semblent paralysées par des intérêts contradictoires. Les affaires de corruption éclatent régulièrement, impliquant aussi bien des élus locaux que des responsables de haut rang.
"Ce n’est pas une surprise", commente un analyste anonyme. "Le problème au Maroc n’est pas un manque de lois, mais un manque de volonté politique pour les appliquer." Et il faut dire que les chiffres parlent d’eux-mêmes : les enquêtes sur les détournements de fonds publics aboutissent rarement à des condamnations, et les lanceurs d’alerte, au lieu d’être protégés, sont souvent intimidés.
Sur le plan économique, les conséquences sont désastreuses. La corruption freine les investissements étrangers, décourage les entrepreneurs locaux et alimente un sentiment d’injustice sociale. "Pourquoi investir dans un pays où les règles du jeu changent selon celui qui paie le plus ?" s’interroge un entrepreneur marocain.
À l’échelle internationale, le Maroc n’est pas un cas isolé. Des pays comme le Brésil ou la Roumanie ont également connu des périodes de déclin dans leur lutte contre la corruption, avant de rebondir grâce à des mouvements citoyens et des réformes structurelles. Cela montre qu’un changement est possible, à condition que la société civile reste mobilisée.
En conclusion, cette chute dans l’IPC est un signal d’alarme. Le Maroc doit agir, et vite, pour restaurer la confiance de ses citoyens et de ses partenaires économiques. Car si la corruption est un poison, l’inaction est, elle, un suicide.