Un modèle d'industrialisation en Afrique
Radouane Chaouki, Second de l'ambassadeur du Maroc en Chine, a rappelé que le Royaume chérifien, sous l'impulsion de Sa Majesté le Roi, s'est imposé comme un leader africain de la production automobile. Avec des infrastructures modernes, une capacité de production concurrentielle et une main-d'œuvre qualifiée, le Royaume est aujourd'hui un acteur du secteur. En effet, des exportations importantes ont été enregistrés vers l'Europe et le pays bénéficie d'un accès privilégié à un marché potentiel de 2,5 milliards de consommateurs, notamment grâce à la future mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
L'avantage géographique du Maroc est renforcé par sa connectivité internationale, reliant plus de 70 pays. Cette position stratégique attire les investisseurs étrangers, en particulier chinois, qui voient dans le Royaume une plateforme idéale pour développer et exporter leurs technologies vers l'Europe et l'Afrique.
L'industrie des batteries au Maroc
L'un des axes majeurs du développement des VE au Maroc est la production des batteries. Le pays dispose de ressources naturelles stratégiques telles que le cuivre, le cobalt et le manganèse, et investit dans le traitement du lithium et la fabrication de cellules de batteries. Ces investissements s'inscrivent dans le Plan d'accélération industrielle, qui vise une production annuelle d'un million de véhicules d'ici 2030 et un taux d'intégration locale de 80 %.
En outre, le Maroc met en place une stratégie de substitution aux importations, estimée à 3,4 milliards de dollars, afin de renforcer sa chaîne de valeur locale. La nouvelle charte d'investissement et les zones économiques spéciales offrent un cadre attractif pour les industriels souhaitant s'implanter dans le pays.
Une opportunité pour les entreprises chinoises
Le secteur automobile marocain a déjà attiré plusieurs groupes chinois, spécialisés dans les batteries, les composants électroniques et l'assemblage de véhicules électriques. Le Maroc mise sur ces partenariats pour favoriser le transfert de technologie et stimuler la recherche et développement.
Comme l'a souligné Radouane Chaouki, cette coopération sino-marocaine pourrait donner naissance à des projets communs ambitieux, permettant au Royaume de se positionner comme un leader de la mobilité électrique en Afrique. Dans ce contexte, le Salon africain des véhicules électriques, prévu à Casablanca du 19 au 22 novembre 2025, sera une occasion stratégique pour présenter les avancées du secteur et attirer de nouveaux investisseurs.
Un écosystème en mutation
L'essor des véhicules électriques au Maroc ne repose pas uniquement sur la production industrielle. Le pays doit encore renforcer ses infrastructures de recharge et mettre en place des incitations fiscales pour encourager l'adoption de ces véhicules. Par ailleurs, la question du recyclage des batteries et de la gestion des déchets électroniques constitue un défi majeur à relever.
Toutefois, le potentiel est immense. Le Royaume ambitionne de s'imposer comme un pôle de référence, non seulement en matière de production, mais aussi d'innovation et de durabilité. L'engagement des autorités et l'attrait croissant des investisseurs confirment que le Maroc est en train de prendre une longueur d'avance dans la révolution électrique.