9.000 journalistes aux trousses de l'Algérie : une paranoïa institutionnelle à son comble
Une affirmation qui a rapidement suscité des moqueries, mais aussi des interrogations sur l’état d’esprit des dirigeants algériens. Comment un pays peut-il s’imaginer être la cible d’une conspiration mondiale orchestrée par des milliers de professionnels des médias ? L’absurdité de cette déclaration n’a d’égal que les efforts déployés par le régime algérien pour détourner l’attention de ses propres défaillances internes.
Cette sortie médiatique s’inscrit dans un contexte régional particulièrement tendu. Depuis plusieurs années, l’Algérie semble s’enfermer dans une posture défensive, oscillant entre victimisation et hostilité envers ses voisins, notamment le Maroc. La récente propagation d’une rumeur sur le prétendu décès du roi Mohammed VI en est l’exemple parfait. Lancée par des médias proches du régime algérien, cette fausse information a été démentie avec fermeté par le Palais royal marocain, qui a rappelé que le souverain jouit d’une bonne santé. Cet épisode, loin d’être isolé, reflète une stratégie récurrente d’Alger : détourner l’attention des nombreux défis internes en alimentant des polémiques externes.
Mais pourquoi une telle obsession ? Pour comprendre, il faut remonter à la rivalité historique entre l’Algérie et le Maroc. Alors que le royaume chérifien s’affirme comme un acteur incontournable sur la scène internationale, grâce à une diplomatie proactive et des réformes économiques ambitieuses, l’Algérie semble stagner. Les tensions autour du Sahara occidental, exacerbées par le soutien d’Alger au Front Polisario, ne font qu’aggraver cette rivalité. Dans ce contexte, les déclarations farfelues comme celle des « 9.000 journalistes conspirateurs » apparaissent comme une tentative désespérée de justifier les échecs du régime algérien en pointant du doigt des ennemis imaginaires.
Par ailleurs, cette posture nuit gravement à la crédibilité de l’Algérie. Contrairement à d’autres pays confrontés à des campagnes de désinformation, Alger semble incapable de répondre de manière rationnelle. À titre de comparaison, des nations comme la France ou les États-Unis, souvent ciblées par des fake news, privilégient une approche basée sur la transparence et la communication stratégique. L’Algérie, en revanche, choisit la surenchère et l’exagération, ce qui ne fait qu’accentuer son isolement diplomatique.
Ainsi, en focalisant l’attention sur des menaces extérieures fictives, le régime algérien évite d’aborder les véritables problèmes auxquels le pays est confronté. Chômage endémique, corruption, crise économique… Les défis sont immenses, mais peu de solutions concrètes sont proposées. Pire encore, cette stratégie de diversion risque d’aggraver le fossé entre les dirigeants et la population, de plus en plus méfiante envers les discours officiels.
Cette déclaration sur les « 9.000 journalistes » illustre à la fois la paranoïa institutionnelle du régime algérien et son incapacité à affronter ses propres défis. Si l’Algérie souhaite réellement améliorer son image à l’international, elle devra commencer par réformer en profondeur son système politique et économique, plutôt que de chercher des boucs émissaires à l’extérieur. À court terme, il est peu probable que cette stratégie change, mais à long terme, le régime devra faire face à une réalité incontournable : on ne peut pas bâtir une nation sur des illusions.