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La gouvernance du système éducatif marocain : quelles réformes pour une meilleure efficacité ?


Rédigé par le Jeudi 27 Février 2025

Un système centralisé et bureaucratique
Un manque de responsabilisation et d’évaluation des performances
Un dialogue insuffisant avec les acteurs de l’éducation



Le système éducatif marocain est confronté à une crise de gouvernance qui freine son efficacité et limite l’impact des réformes successives. Malgré des investissements budgétaires importants et plusieurs plans de réforme, l’école marocaine peine à assurer un enseignement de qualité, à réduire les inégalités et à répondre aux besoins du marché du travail. La question centrale reste donc : comment repenser la gouvernance du secteur éducatif pour garantir une gestion plus efficace et des résultats tangibles ?

L’un des principaux obstacles à une gouvernance efficace de l’éducation au Maroc réside dans l’hypercentralisation du système. Le ministère de l’Éducation nationale conserve un contrôle rigide sur les politiques éducatives, limitant ainsi la capacité des académies régionales (AREF) et des établissements à prendre des décisions adaptées à leurs réalités locales. Cette lourdeur administrative entraîne des lenteurs dans l’exécution des réformes et une faible réactivité face aux défis du terrain.

De plus, la distribution des ressources est inégale entre les régions, avec des écarts importants en matière d’infrastructures, de qualité de l’enseignement et d’encadrement pédagogique. Les zones rurales et enclavées sont souvent les grandes oubliées des politiques éducatives, ce qui accentue les inégalités d’accès à une éducation de qualité.

Un autre problème majeur réside dans l’absence d’un véritable système d’évaluation et de responsabilisation des acteurs de l’éducation. Les performances des enseignants, des directeurs d’école et des responsables académiques sont rarement mesurées selon des indicateurs précis. Cette absence de suivi limite l’efficacité des politiques éducatives et ne permet pas d’identifier clairement les dysfonctionnements.

Les inspections pédagogiques restent souvent bureaucratiques et peu orientées vers l’amélioration de la qualité de l’enseignement. De plus, les décisions budgétaires ne sont pas toujours basées sur des analyses approfondies des besoins réels des écoles et des élèves.

La gouvernance du système éducatif souffre aussi d’un déficit de concertation avec les parties prenantes : enseignants, parents d’élèves, syndicats et entreprises. Trop souvent, les réformes sont imposées sans réelle implication des acteurs de terrain, ce qui nuit à leur mise en œuvre.

Le Conseil Supérieur de l’Éducation, censé jouer un rôle de concertation et de proposition, peine à avoir un impact concret sur les décisions stratégiques du ministère. De plus, les enseignants et les directeurs d’établissement manquent souvent de moyens et de formation pour appliquer les réformes de manière efficace.

Les pistes pour une gouvernance plus efficace

Face à ces défis, plusieurs réformes sont nécessaires pour améliorer la gouvernance du système éducatif marocain :
 
  • Décentraliser la gestion de l’éducation en donnant plus d’autonomie aux académies régionales et aux établissements scolaires pour mieux adapter l’enseignement aux réalités locales.
  • Mettre en place un système d’évaluation des performances basé sur des indicateurs précis pour suivre l’évolution des élèves, des enseignants et des établissements.
  • Renforcer la formation et l’accompagnement des enseignants pour garantir une meilleure qualité pédagogique et une plus grande motivation des cadres éducatifs.
  • Instaurer un dialogue régulier avec les acteurs de l’éducation (enseignants, parents, entreprises) afin que les réformes soient mieux adaptées aux besoins réels du terrain.
  • Optimiser l’allocation des ressources budgétaires en s’appuyant sur des études d’impact et en veillant à une répartition équitable entre les régions.


La réussite des réformes éducatives ne repose pas uniquement sur l’augmentation des budgets, mais aussi sur une gestion plus souple, plus réactive et plus transparente. Sans une refonte en profondeur de la gouvernance, l’école marocaine continuera de peiner à remplir son rôle fondamental : former des générations compétentes, capables de contribuer au développement du pays et de s’intégrer dans un marché du travail en pleine mutation.





Jeudi 27 Février 2025

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