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"Khlih 3endek" : le boycott citoyen contre la hausse des prix


Rédigé par le Lundi 17 Mars 2025

Au Maroc, la campagne citoyenne « Khlih 3endek » (« Laisse-le chez toi ») a pris d’assaut les réseaux sociaux pendant le Ramadan. Elle appelle au boycott des produits dont les prix ont augmenté, un geste de protestation face à la flambée des prix qui pèse sur les ménages.



Quand les réseaux sociaux deviennent une arme de protestation

Le mois sacré du Ramadan, période de spiritualité et de partage, est aussi marqué par une forte consommation de produits alimentaires au Maroc. Cependant, en 2024, la hausse des prix de plusieurs produits de base a suscité une vague d’indignation parmi les citoyens. En réponse, une initiative citoyenne, baptisée « Khlih 3endek » (« Laisse-le chez toi »), a émergé sur les réseaux sociaux, appelant au boycott des produits jugés trop chers. Cette campagne traduit la frustration croissante des consommateurs face à une inflation qui affecte leur pouvoir d’achat.

Lancée sur des plateformes comme Facebook, Twitter et TikTok, la campagne « Khlih 3endek » a rapidement gagné en popularité. Des hashtags dédiés, des vidéos explicatives et des appels à l’action ont été largement partagés, atteignant des millions de Marocains. Le principe est simple : inciter les citoyens à ne pas acheter certains produits dont les prix ont considérablement augmenté, comme l’huile, les œufs ou encore les légumes.

"Si nous n’achetons pas ces produits, les prix finiront par baisser," explique un internaute engagé dans la campagne. Ce type de boycott collectif repose sur l’idée que la baisse de la demande pourrait contraindre les producteurs et les distributeurs à revoir leurs tarifs à la baisse.

Plusieurs facteurs expliquent cette hausse des prix. Tout d’abord, l’inflation mondiale, exacerbée par des tensions géopolitiques et une hausse des coûts de production, a un impact direct sur les produits importés. Ensuite, les fluctuations climatiques au Maroc, notamment la sécheresse, ont réduit la production agricole locale, augmentant ainsi les prix des fruits et légumes.

Enfin, certains experts pointent du doigt des pratiques spéculatives sur le marché intérieur, où certains intermédiaires profiteraient de la forte demande durant le Ramadan pour gonfler artificiellement les prix. "Il est urgent de renforcer les contrôles pour éviter ces abus," affirme un économiste.

La campagne « Khlih 3endek » semble déjà avoir un impact sur les habitudes de consommation. De nombreux commerçants ont rapporté une baisse des ventes de certains produits visés par le boycott. "Les clients hésitent à acheter, surtout les produits qui ont subi des hausses importantes," confie un épicier à Casablanca.

Cependant, cette mobilisation soulève aussi des interrogations. Certains producteurs estiment qu’un boycott pourrait affecter leurs revenus et fragiliser les petites entreprises locales. "Nous comprenons la colère des citoyens, mais il faut aussi penser aux agriculteurs et aux petits commerçants qui dépendent de ces ventes," déclare un représentant du secteur agricole.

Face à cette mobilisation citoyenne, les autorités marocaines ont promis de prendre des mesures pour limiter la hausse des prix et protéger les consommateurs. Des contrôles renforcés sur les marchés, des subventions pour certains produits de base et des campagnes de sensibilisation sont envisagés pour atténuer les effets de l’inflation.

Cependant, pour beaucoup de citoyens, ces mesures restent insuffisantes. "Nous avons besoin de solutions durables, pas seulement de promesses pendant le Ramadan," déclare un habitant de Rabat. La campagne « Khlih 3endek » reflète ainsi une volonté croissante des Marocains de s’impliquer activement dans la défense de leurs droits en tant que consommateurs.

La campagne « Khlih 3endek » illustre la montée en puissance des mobilisations citoyennes au Maroc, amplifiées par les réseaux sociaux. Si elle met en lumière les défis économiques auxquels sont confrontés les ménages, elle ouvre également le débat sur la responsabilité des différents acteurs du marché. En attendant des solutions structurelles, ce mouvement de protestation pourrait bien marquer un tournant dans les relations entre consommateurs, producteurs et autorités.


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Mamoune ACHARKI
Journaliste junior passionné par l'écriture, la communication, les relations internationales et la... En savoir plus sur cet auteur
Lundi 17 Mars 2025

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