Trop, c’est trop pour les consommateurs et un effet boomerang pour les marques ?
Chaque soir de Ramadan, à l'heure sacrée du ftour, le même rituel se répète : les familles marocaines se rassemblent autour de la table, les chaînes nationales (Al Aoula, 2M, et Med1) s’allument... et une pluie ininterrompue de publicités s’abat sur les téléspectateurs. Ce qui devrait être un moment de calme, de spiritualité et de convivialité se transforme en un déluge commercial quasi insupportable.
En quelques années, ce créneau est devenu le “prime time” absolu de la pub télévisée au Maroc. Les annonceurs s’y ruent, convaincus que les familles réunies devant l’écran constituent une audience captive. Pourtant, cette stratégie semble avoir atteint un point de rupture : ce que les marques considèrent comme de la visibilité est désormais vécu comme de l’agression par des millions de Marocains.
La frustration est palpable sur les réseaux sociaux : "Je ne regarde même plus la télé pendant le ftour", confient de nombreux internautes. D’autres dénoncent "une overdose publicitaire", pointant du doigt le rythme frénétique des spots : toutes les 3 à 5 minutes, une coupure vient interrompre un programme — parfois même au cœur d’une scène comique ou dramatique.
Ce matraquage publicitaire dépasse parfois les 10 à 15 minutes cumulées sur une demi-heure de programme. Le téléspectateur est piégé dans une boucle de consommation forcée, au moment même où il cherche plutôt à se reconnecter à ses proches, à sa foi ou à une forme de détente.
Le plus ironique, c’est que cette saturation pourrait être non seulement contre-productive, mais aussi nuisible à l’image des marques elles-mêmes. Plusieurs études internationales montrent que trop de publicité tue la publicité : le spectateur développe une forme de rejet instinctif, voire un ressentiment envers la marque trop insistante.
Au lieu d’associer un produit à un moment de plaisir ou de partage, le consommateur marocain risque de ne plus voir qu’un logo intrusif dans un moment qu’il juge sacré. Certaines marques devraient peut-être réfléchir à des formats plus subtils ou à une communication plus qualitative, plutôt que de se battre pour quelques secondes d’écran au prix d’un malaise collectif.
Quant aux chaînes nationales, elles semblent coincées dans un modèle économique où la pub du ftour représente une manne financière difficile à refuser. Mais à quel prix ? Leur crédibilité en pâtit. Leur programmation est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. La télévision publique est censée servir l’intérêt général, pas transformer les foyers marocains en cibles publicitaires passives.
En fin de compte, il ne s’agit pas de supprimer toute publicité, mais de repenser son rythme, son sens et sa place. Ramadan est un mois de spiritualité, de partage, d’humanité. Le respect du public devrait être au cœur de toute stratégie de communication.
En quelques années, ce créneau est devenu le “prime time” absolu de la pub télévisée au Maroc. Les annonceurs s’y ruent, convaincus que les familles réunies devant l’écran constituent une audience captive. Pourtant, cette stratégie semble avoir atteint un point de rupture : ce que les marques considèrent comme de la visibilité est désormais vécu comme de l’agression par des millions de Marocains.
La frustration est palpable sur les réseaux sociaux : "Je ne regarde même plus la télé pendant le ftour", confient de nombreux internautes. D’autres dénoncent "une overdose publicitaire", pointant du doigt le rythme frénétique des spots : toutes les 3 à 5 minutes, une coupure vient interrompre un programme — parfois même au cœur d’une scène comique ou dramatique.
Ce matraquage publicitaire dépasse parfois les 10 à 15 minutes cumulées sur une demi-heure de programme. Le téléspectateur est piégé dans une boucle de consommation forcée, au moment même où il cherche plutôt à se reconnecter à ses proches, à sa foi ou à une forme de détente.
Le plus ironique, c’est que cette saturation pourrait être non seulement contre-productive, mais aussi nuisible à l’image des marques elles-mêmes. Plusieurs études internationales montrent que trop de publicité tue la publicité : le spectateur développe une forme de rejet instinctif, voire un ressentiment envers la marque trop insistante.
Au lieu d’associer un produit à un moment de plaisir ou de partage, le consommateur marocain risque de ne plus voir qu’un logo intrusif dans un moment qu’il juge sacré. Certaines marques devraient peut-être réfléchir à des formats plus subtils ou à une communication plus qualitative, plutôt que de se battre pour quelques secondes d’écran au prix d’un malaise collectif.
Quant aux chaînes nationales, elles semblent coincées dans un modèle économique où la pub du ftour représente une manne financière difficile à refuser. Mais à quel prix ? Leur crédibilité en pâtit. Leur programmation est sacrifiée sur l’autel de la rentabilité. La télévision publique est censée servir l’intérêt général, pas transformer les foyers marocains en cibles publicitaires passives.
En fin de compte, il ne s’agit pas de supprimer toute publicité, mais de repenser son rythme, son sens et sa place. Ramadan est un mois de spiritualité, de partage, d’humanité. Le respect du public devrait être au cœur de toute stratégie de communication.