Le Maroc s’apprête à vivre une transformation urbaine sans précédent. Selon le rapport Dynamiques de l’urbanisation africaine en 2025, publié par plusieurs institutions internationales, dont l’OCDE et la Banque africaine de développement, le pays verra son taux d’urbanisation grimper à 81% d’ici 2050. Un chiffre vertigineux qui pose de sérieuses questions sur la gestion de l’espace, des infrastructures et des inégalités socio-économiques.
La concentration démographique ne se fait pas au hasard : Casablanca et Rabat-Salé s’imposent comme les mastodontes de cette urbanisation effrénée. La région métropolitaine de Casablanca, qui s’étend d’El Jadida à Fès, héberge déjà près de 30% de la population marocaine et absorbera un tiers de la croissance urbaine du pays d’ici 2050. À Rabat-Salé, l’État a amorcé une gouvernance centralisée à travers une autorité métropolitaine censée mieux coordonner les infrastructures. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres villes, mais qui reste un pari à surveiller.
Le danger ? Une concentration urbaine excessive risque d’asphyxier les infrastructures existantes. On l’observe déjà à Casablanca : saturation des transports, pénurie de logements abordables, inégalités criantes entre quartiers huppés et bidonvilles périphériques.
Paradoxalement, malgré cette explosion urbaine, un ralentissement progressif du rythme d’urbanisation est attendu. Alors que la croissance des villes atteignait 1,6% par an entre 2020 et 2025, elle tombera à 0,7% entre 2045 et 2050. Cela suggère un rééquilibrage entre extension urbaine et consolidation des infrastructures existantes.
Une stabilisation qui pose toutefois un autre défi : comment assurer une densification maîtrisée sans compromettre la qualité de vie ? L’urbanisme doit évoluer vers une approche plus durable, intégrant davantage d’espaces verts, de transports publics efficients et d’équipements collectifs adaptés aux besoins des populations.
Un urbanisme efficace nécessite des ressources financières solides. Casablanca, encore une fois, joue le rôle de laboratoire avec le Programme d’Appui à la Commune de Casablanca (PACC). Mis en place en 2017 avec l’appui de la Banque mondiale, ce programme a permis d’augmenter de 30% les ressources propres de la ville entre 2015 et 2021. Il a également favorisé le développement de partenariats public-privé et la modernisation des services municipaux via la digitalisation.
Ce modèle pourrait être répliqué ailleurs, mais encore faut-il garantir une transparence totale dans la gestion des budgets et éviter des politiques d’urbanisation à court terme qui privilégient la rentabilité immédiate au détriment d’une planification à long terme.
Le rapport conclut sur un point fondamental : l’avenir urbain du Maroc dépendra de sa capacité à instaurer une gouvernance efficace et à assurer un financement soutenu des projets d’aménagement. Le pays dispose d’une fenêtre d’opportunité pour anticiper les besoins de ses villes et éviter les erreurs qui ont conduit ailleurs à des mégapoles invivables.
Alors, le Maroc réussira-t-il à bâtir des villes durables et inclusives, ou s’achemine-t-il vers une urbanisation chaotique et incontrôlable ? La réponse dépend des choix d’aujourd’hui.
La concentration démographique ne se fait pas au hasard : Casablanca et Rabat-Salé s’imposent comme les mastodontes de cette urbanisation effrénée. La région métropolitaine de Casablanca, qui s’étend d’El Jadida à Fès, héberge déjà près de 30% de la population marocaine et absorbera un tiers de la croissance urbaine du pays d’ici 2050. À Rabat-Salé, l’État a amorcé une gouvernance centralisée à travers une autorité métropolitaine censée mieux coordonner les infrastructures. Une initiative qui pourrait inspirer d’autres villes, mais qui reste un pari à surveiller.
Le danger ? Une concentration urbaine excessive risque d’asphyxier les infrastructures existantes. On l’observe déjà à Casablanca : saturation des transports, pénurie de logements abordables, inégalités criantes entre quartiers huppés et bidonvilles périphériques.
Paradoxalement, malgré cette explosion urbaine, un ralentissement progressif du rythme d’urbanisation est attendu. Alors que la croissance des villes atteignait 1,6% par an entre 2020 et 2025, elle tombera à 0,7% entre 2045 et 2050. Cela suggère un rééquilibrage entre extension urbaine et consolidation des infrastructures existantes.
Une stabilisation qui pose toutefois un autre défi : comment assurer une densification maîtrisée sans compromettre la qualité de vie ? L’urbanisme doit évoluer vers une approche plus durable, intégrant davantage d’espaces verts, de transports publics efficients et d’équipements collectifs adaptés aux besoins des populations.
Un urbanisme efficace nécessite des ressources financières solides. Casablanca, encore une fois, joue le rôle de laboratoire avec le Programme d’Appui à la Commune de Casablanca (PACC). Mis en place en 2017 avec l’appui de la Banque mondiale, ce programme a permis d’augmenter de 30% les ressources propres de la ville entre 2015 et 2021. Il a également favorisé le développement de partenariats public-privé et la modernisation des services municipaux via la digitalisation.
Ce modèle pourrait être répliqué ailleurs, mais encore faut-il garantir une transparence totale dans la gestion des budgets et éviter des politiques d’urbanisation à court terme qui privilégient la rentabilité immédiate au détriment d’une planification à long terme.
Le rapport conclut sur un point fondamental : l’avenir urbain du Maroc dépendra de sa capacité à instaurer une gouvernance efficace et à assurer un financement soutenu des projets d’aménagement. Le pays dispose d’une fenêtre d’opportunité pour anticiper les besoins de ses villes et éviter les erreurs qui ont conduit ailleurs à des mégapoles invivables.
Alors, le Maroc réussira-t-il à bâtir des villes durables et inclusives, ou s’achemine-t-il vers une urbanisation chaotique et incontrôlable ? La réponse dépend des choix d’aujourd’hui.