Un système éducatif pris entre plusieurs langues, un obstacle à la réussite scolaire et à l’insertion professionnelle
L’enseignement des langues est l’un des défis majeurs du système éducatif marocain. Alors que le plurilinguisme est un atout culturel et économique, la maîtrise insuffisante des langues – qu’il s’agisse de l’arabe, du français ou de l’anglais – constitue un frein majeur à la réussite scolaire et à l’employabilité des jeunes. Entre choix politiques hésitants et inadaptation aux réalités du marché du travail, la question linguistique reste un problème non résolu qui pénalise des générations d’élèves.
Au Maroc, la question des langues d’enseignement est complexe. L’arabe classique est la langue officielle et celle de l’enseignement primaire, mais elle reste peu maîtrisée par une grande partie des élèves, notamment ceux issus de milieux amazighophones ou défavorisés. Le français, utilisé dans l’enseignement supérieur et dans certains domaines scientifiques dès le secondaire, demeure une langue incontournable mais dont la maîtrise est très inégale selon le parcours des élèves.
Depuis quelques années, l’anglais prend de l’ampleur dans le débat éducatif. De nombreux experts et acteurs économiques plaident pour un renforcement de son apprentissage dès le primaire, en raison de son importance sur le marché international du travail et dans la recherche scientifique. Cependant, cette transition reste lente et mal coordonnée, avec des enseignants insuffisamment formés et des méthodes pédagogiques inadaptées.
Le déficit de maîtrise des langues impacte directement la réussite des élèves. Beaucoup d’étudiants peinent à suivre des cours en français ou en arabe classique, ce qui alimente l’échec scolaire et le décrochage. L’usage de plusieurs langues dans le cursus, sans une approche pédagogique cohérente, complique l’apprentissage au lieu de le favoriser.
Cette situation a des répercussions graves sur l’employabilité des diplômés. De nombreuses entreprises exigent une bonne maîtrise du français ou de l’anglais, ce qui exclut d’office une partie des jeunes issus de l’enseignement public, souvent moins préparés que ceux ayant suivi une scolarité privée. Résultat : le marché du travail se retrouve segmenté, avec une élite formée aux langues étrangères et une majorité de jeunes peinant à s’intégrer.
Conscient du problème, le Maroc a lancé plusieurs réformes pour renforcer l’apprentissage des langues, notamment avec l’introduction progressive de l’anglais et le renforcement du français dans certaines matières scientifiques. Cependant, ces réformes restent insuffisantes si elles ne s’accompagnent pas d’un véritable effort sur la formation des enseignants et sur l’élaboration de méthodes adaptées.
Le modèle d’enseignement bilingue ou trilingue doit être pensé de manière plus rationnelle. Une piste pourrait être de généraliser l’enseignement des matières scientifiques en français ou en anglais dès le secondaire, tout en améliorant la maîtrise de l’arabe comme langue de culture et de transmission des savoirs. Par ailleurs, la mise en place de cours de rattrapage linguistique pour les élèves en difficulté pourrait permettre de réduire les inégalités.
L’enjeu est de taille : il s’agit de trouver un équilibre entre la préservation de l’identité linguistique du Maroc et la nécessité d’ouvrir l’éducation aux réalités du monde professionnel et scientifique. Le débat sur l’apprentissage des langues ne doit plus être idéologique, mais pragmatique : quelles langues permettent aux élèves marocains de réussir leurs études et de s’intégrer dans l’économie mondiale ?
Si le Maroc veut réellement faire de son système éducatif un levier de développement, il doit adopter une approche cohérente et ambitieuse sur la question linguistique. Cela passe par une formation continue des enseignants, un enseignement plus immersif des langues étrangères et une révision des curricula pour éviter les ruptures brutales entre les différentes étapes du parcours scolaire.
Dans un monde où la compétitivité repose sur la maîtrise des langues et des compétences techniques, une réforme courageuse et efficace du système linguistique éducatif marocain est plus que jamais nécessaire.
Au Maroc, la question des langues d’enseignement est complexe. L’arabe classique est la langue officielle et celle de l’enseignement primaire, mais elle reste peu maîtrisée par une grande partie des élèves, notamment ceux issus de milieux amazighophones ou défavorisés. Le français, utilisé dans l’enseignement supérieur et dans certains domaines scientifiques dès le secondaire, demeure une langue incontournable mais dont la maîtrise est très inégale selon le parcours des élèves.
Depuis quelques années, l’anglais prend de l’ampleur dans le débat éducatif. De nombreux experts et acteurs économiques plaident pour un renforcement de son apprentissage dès le primaire, en raison de son importance sur le marché international du travail et dans la recherche scientifique. Cependant, cette transition reste lente et mal coordonnée, avec des enseignants insuffisamment formés et des méthodes pédagogiques inadaptées.
Le déficit de maîtrise des langues impacte directement la réussite des élèves. Beaucoup d’étudiants peinent à suivre des cours en français ou en arabe classique, ce qui alimente l’échec scolaire et le décrochage. L’usage de plusieurs langues dans le cursus, sans une approche pédagogique cohérente, complique l’apprentissage au lieu de le favoriser.
Cette situation a des répercussions graves sur l’employabilité des diplômés. De nombreuses entreprises exigent une bonne maîtrise du français ou de l’anglais, ce qui exclut d’office une partie des jeunes issus de l’enseignement public, souvent moins préparés que ceux ayant suivi une scolarité privée. Résultat : le marché du travail se retrouve segmenté, avec une élite formée aux langues étrangères et une majorité de jeunes peinant à s’intégrer.
Conscient du problème, le Maroc a lancé plusieurs réformes pour renforcer l’apprentissage des langues, notamment avec l’introduction progressive de l’anglais et le renforcement du français dans certaines matières scientifiques. Cependant, ces réformes restent insuffisantes si elles ne s’accompagnent pas d’un véritable effort sur la formation des enseignants et sur l’élaboration de méthodes adaptées.
Le modèle d’enseignement bilingue ou trilingue doit être pensé de manière plus rationnelle. Une piste pourrait être de généraliser l’enseignement des matières scientifiques en français ou en anglais dès le secondaire, tout en améliorant la maîtrise de l’arabe comme langue de culture et de transmission des savoirs. Par ailleurs, la mise en place de cours de rattrapage linguistique pour les élèves en difficulté pourrait permettre de réduire les inégalités.
L’enjeu est de taille : il s’agit de trouver un équilibre entre la préservation de l’identité linguistique du Maroc et la nécessité d’ouvrir l’éducation aux réalités du monde professionnel et scientifique. Le débat sur l’apprentissage des langues ne doit plus être idéologique, mais pragmatique : quelles langues permettent aux élèves marocains de réussir leurs études et de s’intégrer dans l’économie mondiale ?
Si le Maroc veut réellement faire de son système éducatif un levier de développement, il doit adopter une approche cohérente et ambitieuse sur la question linguistique. Cela passe par une formation continue des enseignants, un enseignement plus immersif des langues étrangères et une révision des curricula pour éviter les ruptures brutales entre les différentes étapes du parcours scolaire.
Dans un monde où la compétitivité repose sur la maîtrise des langues et des compétences techniques, une réforme courageuse et efficace du système linguistique éducatif marocain est plus que jamais nécessaire.