Dans un contexte où la télévision et le digital jouent un rôle central dans la vie quotidienne, les marques et les producteurs de contenu rivalisent d’ingéniosité pour capter l’attention d’un public particulièrement réceptif.
Selon une étude réalisée par "Integrate" et "Com & Talk Agency", le Ramadan est une période charnière pour les médias marocains. Les chaînes de télévision enregistrent des audiences record, notamment après l’Iftar, lorsque les familles se réunissent devant les écrans. Les programmes spécialement conçus pour cette période, tels que les sitcoms humoristiques, les feuilletons captivants et les capsules comiques, deviennent des rendez-vous incontournables. Cette frénésie se traduit également par une flambée des tarifs publicitaires, faisant du Ramadan le mois le plus lucratif pour les médias audiovisuels.
Cependant, la télévision n’est pas la seule à tirer son épingle du jeu. Les plateformes digitales, telles que YouTube, TikTok et Instagram, connaissent elles aussi une croissance exponentielle de leur audience. Les créateurs de contenu adaptent leurs productions aux attentes spécifiques du mois sacré, proposant des vidéos humoristiques, des podcasts religieux ou encore des tutoriels de cuisine pour les repas de rupture du jeûne. Ces formats courts et interactifs séduisent un public jeune et hyperconnecté, offrant aux annonceurs de nouvelles opportunités pour atteindre leurs cibles.
Cette tendance n’est pas propre au Maroc. À travers le monde arabe, des pays comme l’Égypte, l’Arabie saoudite ou encore la Turquie connaissent une effervescence similaire. Des séries télévisées produites spécialement pour le Ramadan deviennent des phénomènes culturels, rassemblant des millions de téléspectateurs chaque soir. Ces programmes, souvent très attendus, renforcent l’importance du divertissement durant ce mois.
Cependant, cette surenchère médiatique n’est pas sans controverse. Certains observateurs critiquent une dérive commerciale où la dimension spirituelle du Ramadan risque d’être éclipsée par une surconsommation de contenus axés sur le divertissement. Cette réflexion soulève des questions sur l’équilibre à trouver entre tradition et modernité dans une époque marquée par l’omniprésence des médias.
Malgré ces débats, le Ramadan reste une période clé pour les médias et les annonceurs. Télévision et digital atteignent leur apogée, redéfinissant les stratégies de communication et transformant ce mois sacré en un véritable laboratoire d’innovation pour l’industrie du contenu.