Corruption : situation insatisfaisante

algré les discours et les efforts législatifs, on n'observe pas d'impact concret et, pour la plupart des indicateurs, le pays enregistre même un recul


Rédigé par La Rédaction le Jeudi 7 Décembre 2023

L'Instance nationale de la probité, de la prévention et de la lutte contre la corruption (INPPLC) a récemment dévoilé à Rabat son rapport annuel pour 2022, accompagné de rapports thématiques et des résultats de l'étude nationale sur la corruption au Maroc.



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Ce rapport annuel se concentre sur cinq domaines principaux, incluant l'évaluation de la corruption, le suivi des stratégies et politiques publiques, la gouvernance de l'INPPLC, ses activités opérationnelles, et des recommandations pour améliorer la réactivité institutionnelle.

Les rapports thématiques annexés abordent des sujets tels que la gestion des conflits d'intérêts, l'importance de la transformation digitale dans la lutte contre la corruption, et le rôle crucial du journalisme d'investigation dans ce combat.

Mohammed Bachir Rachdi, président de l'INPPLC, a souligné l'importance de la prévention et de la lutte contre la corruption comme priorité nationale pour un développement durable et intégré. Il a également mis en avant l'approche participative adoptée pour l'étude de terrain, qui a impliqué divers acteurs et a recueilli des données auprès de 5 000 citoyens marocains et 1 000 Marocains résidant à l'étranger (MRE) en 2022.

L'enquête a également inclus 1 100 entreprises, révélant que la corruption reste un obstacle majeur à l'investissement, particulièrement pour la diaspora marocaine. La majorité des personnes interrogées perçoivent la corruption comme étant largement répandue, et bien que beaucoup admettent avoir cédé à la corruption, peu ont choisi de dénoncer ces actes.

Le rapport annuel de l'INPPLC révèle que, malgré les efforts législatifs, la corruption continue d'affecter négativement le Maroc, avec une baisse notable dans l'indice de perception de la corruption depuis 2018.

Cette situation persistante depuis vingt-cinq ans représente une perte significative pour le développement socio-économique du pays.

Le rapport annuel de l’INPPLC pour l’année 2022 indique que malgré les discours et les efforts législatifs, on n'observe pas d'impact concret et, pour la plupart des indicateurs, le pays enregistre même un recul. Le Royaume accuse une note de 38/100 dans l'indice de la perception de la corruption (Transparency), soit 5 points perdus depuis 2018. Une régression qui affecte son classement mondial dans le même indice (94e sur 180 pays, soit 21 places perdues depuis 2018).

Aujourd'hui, la corruption grapille entre 3% et 6% du PIB national, un manque à gagner considérable en matière de développement socio-économique, explique Bachir Rachdi, président de l'instance anticorruption. L'intervenant note une "situation insatisfaisante" qui dure depuis vingt-cinq ans.




Jeudi 7 Décembre 2023
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