Le Maroc face à la crise de l’eau : les pastèques en déclin
Ce déclin est directement lié aux épisodes de stress hydrique qui frappent le pays, affectant particulièrement les cultures nécessitant une grande quantité d’eau, comme les pastèques. Bien que ce fruit soit l’un des produits phares de l’agriculture marocaine, notamment dans la région de Souss-Massa, la rareté de l’eau oblige les producteurs à réduire leurs surfaces cultivées ou à abandonner cette culture.
La culture de la pastèque a longtemps été critiquée pour son impact environnemental. En effet, elle consomme environ 90 litres d’eau par kilogramme produit, un luxe que le Maroc ne peut plus se permettre dans le contexte actuel de sécheresse. Face à cette situation, le gouvernement a pris des mesures pour limiter l’usage des ressources hydriques dans l’agriculture, encourageant les cultures moins gourmandes en eau.
Cette baisse des exportations reflète également une prise de conscience croissante parmi les producteurs. Certains d’entre eux se tournent désormais vers des alternatives agricoles plus durables, tandis que d’autres abandonnent purement et simplement la production de pastèques, jugée non rentable dans les conditions actuelles.
La chute des exportations de pastèques a des conséquences économiques importantes, notamment pour les agriculteurs et les travailleurs saisonniers qui dépendent de cette culture. Les pertes de revenus pourraient aggraver la précarité dans les régions rurales, déjà fortement affectées par les effets du changement climatique.
Cependant, cette situation pourrait également ouvrir la voie à une transformation du modèle agricole marocain. En diversifiant les cultures et en adoptant des pratiques agricoles plus respectueuses de l’environnement, le Maroc pourrait réduire sa vulnérabilité aux crises hydriques tout en préservant ses ressources naturelles.
La crise de l’eau au Maroc s’inscrit dans un contexte global où de nombreux pays font face à des défis similaires tel que l’Espagne et l’Italie, grands producteurs de fruits et légumes en Europe, ont également dû adapter leurs pratiques agricoles en raison de la sécheresse. Ces expériences montrent qu’une gestion durable des ressources hydriques est essentielle pour garantir la sécurité alimentaire à long terme.
La baisse des exportations de pastèques au Maroc est un signal d’alarme sur l’urgence de repenser les pratiques agricoles dans un contexte de stress hydrique croissant. À court terme, cette situation pose des défis économiques et sociaux importants. À long terme, elle pourrait inciter le pays à adopter un modèle agricole plus durable et résilient, en accord avec ses objectifs de développement durable. Toutefois, cette transition nécessitera des investissements massifs et une coordination étroite entre les acteurs publics et privés.