Les bonnes questions sur le vaccin COVID-19 : 180-40-10-2

12 novembre 2020 à 08h58 - 243 vues

COVID-19 : 180-40-10-2 : Non Trump n'a pas dévoilé le code nucléaire !

Oui il y a parmi les 180 candidats-vaccins contre le Covid-19 qui sont en cours de développement et des 40 qui sont en phase clinique chez l'homme au moins deux chinois.


Sur ces quarante candidats, 10 sont entrés dans la 3eme et dernière étape dont deux 2 sont chinois et parmi ces 10 le vaccin de l'américain Pfizer & BioNTech qui affole l'actualité ces jours-ci.

Pour le Maroc , il s’agirait de Sinopharm et non CoronaVac lequel l'autorité sanitaire du Brésil a annoncé avoir suspendu les essais cliniques après "un incident grave" constaté chez un volontaire.

Commençons par le commencement : La vaccination ?

Le principe de la vaccination est toujours le même : il s’agit de présenter un pathogène (virus, parasite ou bactérie) à notre système immunitaire afin qu’il apprenne à le reconnaître et à fabriquer des anticorps spécifiques qui seront prêts à le neutraliser lorsque nous le rencontrerons dans la vraie vie.
L’idée du vaccin est évidemment d’inoculer le pathogène sous une forme totalement inoffensive, qui ne risque pas de déclencher la maladie contre laquelle il prétend nous défendre.

Quelles sont donc les techniques utilisées ?

Plusieurs techniques sont possibles pour cela – des techniques éprouvées comme l’utilisation du virus entier rendu inoffensif, aux techniques plus récentes comme les vaccins à ADN ou ARN


1-La technique classique avec laquelle de nombreux vaccins ont été développés (rubéole, fièvre jaune, rougeole…).

Avec un virus entier ou atténué : Pasteur et laboratoires chinois

Cette technique consiste à présenter le virus entier au système immunitaire, ce qui suppose de le cultiver en très grande quantité. C’est la voie suivie notamment par plusieurs laboratoires chinois pour la mise au point d’un vaccin anti-Covid. Pour s’assurer que le vaccin sera sans danger pour le corps, on peut soit présenter le virus sous une forme inactivée (tuée), après l’avoir préalablement chauffé ou passé au formol – c’est la technique de Pasteur –, soit le présenter sous une forme atténuée. Dans ce second cas, le virus est toujours vivant mais a perdu sa dangerosité. « C’est de la sélection génétique. On ne garde que les souches virales qui ont acquis des mutations qui ne donnent pas la maladie »

Avec un virus inactivé (tués)

Dans le cas d’un virus inactivé, le virus est mort et a perdu le pouvoir de se répliquer dans l’organisme, il faut généralement faire des rappels pour qu’il soit efficace. Dans le cas du virus atténué, le virus est vivant et a gardé sa capacité à se multiplier dans l’organisme, une seule injection suffit en général. Inconvénient des vaccins utilisant des virus entiers : il existe un risque statistique, impossible à éliminer totalement, qu’une infime proportion de particules virales gardent leur capacité à infecter l’individu. Autre inconvénient, propre aux vaccins inactivés (tués) : celui d’altérer la conformation (la forme) de la protéine S*, ce qui pourrait rendre le vaccin moins efficace

Avec un morceau de virus : Sanofi & GlaxoSmithKline

Autre possibilité : au lieu de présenter le virus entier au système immunitaire, on se concentre sur l’antigène qui provoque la réponse immunitaire. Aucun risque de développer la maladie, dans ce cas. L’idée ici est de faire produire la protéine Spike en usine par des lignées cellulaires de mammifères et de l’introduire dans l’organisme en association avec un adjuvant qui donnera le signal d’alerte au système immunitaire.
Seule, une protéine, même s’il s’agit d’une protéine virale, ne sera pas considérée comme dangereuse par le corps qui en produit lui-même des milliards.
L’association adjuvant-antigène, au contraire, est immédiatement reconnue comme un corps étranger : les macrophages, la première ligne de défense du système immunitaire qui patrouille en permanence dans le corps, vont le « manger » et identifier « S* » comme une protéine exogène. La production d’anticorps est alors lancée. Les vaccins contre l’hépatite B et le papillomavirus sont fabriqués suivant cette technique, choisie par le laboratoire Sanofi & GlaxoSmithKline pour son vaccin anti-Covid.

2- La technique “NBIC” (Nanotechnologie, Biotechnologie, Information et Cognition) pour des vaccins à ADN/ARN.

Le déploiement de vaccins génétiques à grande échelle serait une première !

Mais puisqu’il est établi que le rôle de la protéine Spike, protéine en forme de « pique » du coronavirus, est crucial dans le déclenchement de la réponse immunitaire neutralisante du Covid-19, pourquoi ne pas la faire produire directement par le corps humain, en introduisant dans nos cellules la séquence génétique qui code pour la fabrication de cette protéine virale ?

Cela évite d’injecter des particules de Covid-19 entières dans le corps ou d’utiliser des adjuvants.

Problème, l’ADN ou l’ARN sont dégradés par nos enzymes à peine entrés dans l’organisme. Pour s’assurer que le code de la protéine Spike arrive intact jusqu’à l’intérieur de nos cellules, il lui faut un véhicule capable de l’y transporter : or quoi de mieux qu’un virus pour faire le travail ?

Avec les vaccins à ADN/ARN : Deux possibilités s’offrent aux scientifiques

Soit fabriquer un virus « canada dry » avec une enveloppe totalement artificielle composée de molécules mimant les lipides et les protéines, qui aura tous les attributs d’un virus sans en être un. C’est l’option prise par le laboratoire Pfizer allié à BioNTech, ou encore par l’entreprise de biotechnologie Moderna Therapeutics.

Soit utiliser un virus bien réel, mais inoffensif pour nous avec « l’utilisation de vecteurs viraux (de vrais virus donc) pour cela deux types de plateformes virales sont utilisées à cet effet :

- des adénovirus, qui ne sont rien d’autre que des virus du rhume (c’est le choix fait par les chercheurs russes qui développent le vaccin Spoutnik V)
- le vaccin de la rougeole, utilisé depuis quarante ans pour vacciner les enfants, et dont l’ARN est modifié afin d’y intégrer le code de la protéine Spike. C’est cette plateforme rougeole qu’a choisie Pasteur pour développer notre candidat-vaccin contre le Covid-19

Dans tous les cas, il reste des incertitudes sérieuses :

Quid du cas de figure où la personne vaccinée aurait déjà des anticorps contre le virus utilisé comme « vecteur » ?

Quand saura-t-on si les vaccins actuellement en développement sont efficaces ? même si on parle d’un calendrier accéléré !

Quid de la délicate question des anticorps ?

Pour conclure , écoutons Claude-Agnès Reynaud car rien n’est décidément simple en matière de vaccinologie... « La recherche, c’est le temps long. Ici, dans le labo, on change d’avis tous les jours sur le Covid »

La rédaction / Service de recherche documentaire 

Sources :
Le journal du CNRS
Frédéric Tangy virologiste, directeur du Laboratoire d’innovation vaccinale de l’Institut Pasteur

*S protéine « S » (pour Spike) : Ce n’est pas le virus en tant que tel qui déclenche la réponse immunitaire, mais une protéine qui se trouve à sa surface, la protéine Spike, en forme de pique. C'est elle qui est au coeur des stratégies vaccinales contre le Covid-19

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