Malgré ses imperfections, l’ONU demeure un outil irremplaçable

25 octobre 2020 à 11h52 - 74 vues

Mohammed Loulichki, ancien ambassadeur du Maroc auprès de l'ONU, au Policy Center For The New South :


« Malgré ses imperfections, l’ONU demeure un outil irremplaçable »

A l’occasion du 75ème anniversaire de la création de l'Organisation des Nations unies, le Policy Center For The New South a interviewé M. Mohammed Loulichki, ancien ambassadeur du Maroc auprès de l'ONU, diplomate de 40 ans de carrière et Senior Fellow au think-tank précité.

Au vu des assauts contre le multilatéralisme y a-t-il encore une place pour l’ONU ?


M. Mohammed Loulichki : C’est un fait que le multilatéralisme enregistre un recul durant les dernières années. Mais ce n’est pas la première fois. L’émergence de nouvelles puissances à bouscule le statu quo établi depuis la fin de la Guerre froide et provoque une tentative de rééquilibrage de l’ordre mondial. Les Organisations internationales, à commencer par l’ONU, subissent le contrecoup de cette mutation et connaissent une crise de représentativité, de légitimité et de performance. Les défis globaux auxquels la Communauté internationale doit faire face (Développement, Sécurité, terrorisme, Changement climatique...), nécessitent, de par leur ampleur et leur caractère transnational, un effort concerté, solidaire et soutenu. L’ONU, malgré ses imperfections et les contraintes qu’elle doit gérer demeure un outil irremplaçable et moins coûteux pour faciliter et coordonner l’action internationale. La volonté politique de ses Etats membres demeure la condition préalable pour réformer l'Organisation mondiale et améliorer son efficacité.

En quoi l’ONU peut-elle continuer à être utile ?


M. Mohammed Loulichki : A sa création en 1945, l’ONU a reçu pour mandat d’œuvrer au maintien de la paix, au développement de la coopération internationale et à la promotion et à la protection des droits humains. Bien que mitigé, le bilan de 75 ans de l’Organisation demeure plutôt positif au regard de la modicité des moyens mis a sa disposition et du jeu d’influence qui s’y développe et qui freine son élan. Si historiquement , l’Organisation a joué un rôle déterminant pour parachever le processus de décolonisation et mettre fin a l’Apartheid particulièrement en Afrique, elle se trouve aujourd’hui confronte a d’autres défis tels que le terrorisme et le changement climatique qui viennent s’ajouter aux défis sécuritaires, alimentaire, sanitaire et autres contre lesquels elle doit mobiliser la Communauté internationale.

Que faut-il faire pour rendre l’organisation plus crédible et légitime ?


M. Mohammed Loulichki : La crédibilité est toujours mesurée par l’attachement de l’ONU aux principes cardinaux de sa Charte, la marge de manœuvre qui lui est laissée par ses membres et les moyens d’action qu’elle est en mesure de mobiliser pour atteindre ses objectifs. Aujourd’hui, l’ONU, particulièrement son Conseil de sécurité, est la cible de critiques et de reproches pour la non résorption des conflits en Afrique et ailleurs, son rôle marginale en matière de développement et son incapacité à faire prévaloir les aspirations de la Communauté internationale sur la volonté des plus puissants. Quant à la légitimité de l’Organisation elle est intimement liée à l’adaptation de l’Organisation aux changements aux nouvelles réalités internationales en termes de réforme du Conseil de sécurité, de rétablissement de la centralité du partenariat pour le développement et de préservation de notre environnement.

Policy Center For The New South
https://www.policycenter.ma/

Commentaires(0)

Connectez-vous pour commenter cet article