Le think thank citoyen des expériences covidiennes

19 novembre 2020 à 20h08 - 140 vues

Défaillances du Ministère de la santé : Leçons tirées par les malades

En cette période de crise sanitaire, il y a plusieurs défaillances et manquements, si l’on peut dire, civiques, de la part de notre Ministère de la santé. Il est à noter que, si au niveau international, le gouvernement ne cesse de se vanter des exploits du Maroc, et de dire que la situation sanitaire est maitrisée, que l’Etat fournit les médicaments nécessaires…le vécu des malades est tout autre.
Nul citoyen normal ne saurait expliquer et décrire le circuit, depuis les premiers symptômes jusqu’à la guérison. A vrai dire, cette maladie aurait pu épargner les démunis. Le coût du covid est en deçà des moyens des smicards.

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A commencer par le test qui, normalement, devrait être à la charge du Ministère de la santé. Sinon, au moindre mal, il faut avoir accès aux laboratoires spécialisés -dont certains ne sont nullement structurés-, avant que ton état n’empire parce que le circuit est long et que tu peux y passer.

Une fois avoir fait le test dans le public ou le privé, le malade doit attendre deux jours avant d’avoir les résultats. Après, il faut attendre deux autres jours avant que le Ministère de la Santé daigne appeler par téléphone pour donner un rendez-vous de suivi du protocole, dans un endroit pas aéré. Avec des gens qui peuvent ne pas mettre le masque et y attendre au moins 3 ou 4 heures.

Sans compter avec les traitements de faveur : certaine personnes rentrent par la porte de derrière. Des scènes qui te donnent la nausée, mais aussi induisent la honte, tellement cette bassesse de clientélisme est enraciné.

Au bout de deux jours, enfin l’électrocardiogramme est fait, à la va-vite, comme s’il s’agit d’une personne qui a la lèpre. Le rendez-vous est pris, deux jours plus tard, pour récupérer cette fameuse chloroquine. Quand ce circuit tombe un week-end ou jour férié, bonjour les dégâts pour l’atteint du Covid 19 qui attend le protocole médicamenteux de notre cher ministère : Zinc, Azix et Plaquénil.

Au fait, ces 6 jours de perdus et de souffrances, sans traitement, sont un supplice physique et psychique pour le commun des mortels. Les malades restent chez eux à se morfondre, avec des symptômes qui s’empirent et l’on se demande pourquoi il y a ce nombre en expansion de malades et de morts.

Le virus élargit sa portée, trouvant le terrain favorable et un corps dont les forces commencent à s’anéantir. C’est tout un rayonnement qui trouve vie au quotidien, dans les marchés, au travail ou chez soi. Au lieu d’avoir un seul atteint à la maison, les familles « se ramassent à la pelle », touchées par la charge virale.

Les gens qui ont de quoi acheter les médicaments restent dans leur maison jusqu’à guérison alors que d’autres font les files, râlent et tabassent parfois les portes pour se faire entendre. Et encore, nos pharmacies sont en chute de stocks.

Il y a une pénurie en vitamine C et en Zinc. L’offre actuelle est pour les formules françaises de Vit C qui coûtent plus de 100dhs et du Zinc à plus de 150 dhs alors que le prix public l’est beaucoup moins. Deux flacons à 40 dhs pour le Zinc et 15dh 30 l’étui pour la vitamine C.

Et après…

Une fois la plaquénil distribuée, aucun coup de fil n’est reçu pour savoir si ceux qui l’ont pris vont bien, s’ils sont morts ou s’ils ont eu des aggravations ou effets indésirables, sachant que ce n’est pas un médicament des plus tolérés.

Bouteina BENNANI / Arrissala / L'ODJ

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