Boeing 737 max : Que va faire en faire la RAM ?

20 novembre 2020 à 13h21 - 86 vues

Les autorités fédérales américaines de l’aviation ont autorisé à nouveau au Boeing 737 max de reprendre les airs, mais pas les régulateurs internationaux. 

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Après le crash d’un Boeing 737 max de la compagnie aérienne indonésienne Lion Air, le 29 octobre 2018, suivi de celui de l’Ethiopian Airlines, le 10 mars 2019, la Royal Air Maroc (RAM) a été parmi les toutes premières compagnies aériennes, avec celles de la Chine, l’Indonésie, l’Ethiopie et Singapour, a interdire le vol de cette appareil controversé, le 11 mars 2019.

Pertes sèches

La RAM avait reçu livraison de son 1er appareil 737 max 8, coûtant 85 millions de dollars, le 10 décembre 2018. Il a effectué son premier vol le 1er janvier 2019, reliant Casablanca à Londres, et devait également desservir Accra, Lagos, Bologne et Paris (aéroports d’Orly et Roissy-Charles de Gaulle). Trois autres unités devaient suivre.
La compagnie aérienne nationale comptait sur le turboréacteur CFM International LEAP 1B, réputé économe en carburant, pour améliorer ses marges. Mais à en croire les estimations sur le coût d’immobilisation de l’appareil, 1 million de dollars par jour environ, puisque même cloué au sol, il faut en assurer la maintenance et payer les taxes aéroportuaires, ce sont plutôt des pertes que la RAM a essuyé avec cet avion interdit de voler depuis 19 mois.
Elle serait en droit de réclamer des indemnités à Boeing, ce que d’autres compagnies aériennes sont décidées à faire. Et si toutes celles qui ont fait acquisition de cet appareil devaient s’y mettre, Boeing finira par déposer son bilan. Il n’est déjà pas certain qu’elle puisse se relever du désastre du 737 max.

Pour une poignée de dollars

Le problème relevé sur le 737 max porte sur son logiciel de commande de vol. Mais ce problème technique en révèle un autre, de mode de gouvernance. Dans le but de réduire ses charges, Boeing avait fait appel à des ingénieurs indiens, payés 9 dollars de l’heure, pour concevoir ledit logiciel.
Pour verser à ses actionnaires des dividendes plus généreux, Boeing n’a, donc, pas hésité à jouer avec la vie des passagers montant à bord de son appareil, considéré à sa sortie comme une perle de la technologie. Le constructeur aérien avait même réussi à remplir son carnet de 2326 commandes fermes.
Au vu du refus des régulateurs aériens internationaux d’autoriser à nouveau le vol du 737 max, alors que l’agence américaine chargée des réglementations et des contrôles concernant l'aviation civile FAA vient de la faire, ce n’est pas seulement le constructeur Boeing qui a terni sa réputation dans cette affaire, mais aussi le régulateur américain, dont les décisions faisaient autorité dans le secteur aérien civil international.

L’argent des Marocains

S’il est compréhensible qu’en raison des bonnes relations entre le constructeur américain Boeing et la compagnie aérienne nationale RAM, cette dernière ne se soit pas empressée d’annuler la commande des autres appareils, il est devenu évident que cette position n’est plus tenable. Comme il s’agit d’une entreprise à capital majoritairement étatique, il serait intéressant de voir quand et comment vont réagir les pouvoirs publics. Chaque jour qui passe, c’est quelque un million de dollars de perte.

Ahmed NAJI/Arrissala/L’ODJ

           

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